Un érable, deux charmes, un chien

Aux bourgeons du printemps à venir

Perlent des gouttes de rosée, de givre

Le jour se lève dans un ciel indécis entre le bleu et le gris

L’eau sur l’eau roule jusqu’aux extrémités

Puis verse sur le tapis de feuilles moisies

Un sentier sous les arbres - un érable, deux charmes -

Fait le tour des rosiers assoupis

En contrebas, le parking se vide

Dans l’entrée les retardataires se pressent

La cloche a sonné une fois deux fois

Les classes se remplissent et sur les toits

La cheminée de l’école déjà ronronne

J’entends des chants, c’est bientôt Noël, les enfants répètent

Le brouillard se lève puis retombe avec des grelots

Et de la fumée s’élève de l’ombre des derniers piétons

Qui remontent la rue jusqu’à l’arrêt de bus

Je libère le chien qui aussitôt fuse dans l’herbe

Gravit la pente ceinte de bosquets de brume

Puis s’arrête d’un coup, se retourne, cherche du regard et des oreilles

La balle que je cachais dans ma poche

Et qui maintenant roule jusqu’au pied du charme


# Denis Petit-Benopoulos

Zinaida Serebriakova, portrait d’Eugene Serebriakova, 1909

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