L'araignée

Je regarde vers le jardin

Au-dessus des haies

Le bouleau semble mal en point

L’écorce asphyxiée par le lierre

À la cime du troène

Au point exact où le soleil darde ses premiers rayons

Scintille une étoile d’araignée

Qui aurait pris ses aises

Sur toute la longueur

Se serait étalée

Captive de ses longs cils

Tapie

Dans la lumière qui tressaute

Des perles de rosée

Font tout pour se faire remarquer

Et moi qui ne remarque rien

Je remarque cela

Le bouleau usagé

Les fils d’araignée

Le chapelet de rosée

Et plus haut dans le ciel

La buse indécise

Les nuages affalés

Et le soleil dont il n’y a rien à dire

Puisqu’il est là

Tout bonnement


© Denis Petit-Benopoulos


Odilon Redon, « L’araignée qui pleure », 1881

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