Au début de la scène

Au début de la scène

Je suis sur le lit

J’attends qu’elle se délie

La grâce est dans un vêtement

Un pli


Je me défais des mots surtout des premiers mots

Qui déforment et qui louvoient

Il faut être net, sans voix


Au début de la scène

Je la prie de venir tout près

De s’oublier de m’oublier

De déposer les mains


Le ciel est en haut de forme

La mer éprise en fenêtres, béton amer

Sourire innombrable

Le corps est en peaux


Vrillé de vagues

Revenu de l’ombre

Par les lèvres enjambées du Pnyx

Je la surprends qui file


Dans le vestiaire des arbres

Là où les feuilles vont s’essayer

Là où les saisons se rafraîchissent


Elle enfile nue son ombre nue

Ne dit rien de son personnage

Au début de la scène

Elle se déshabille


La grâce est dans la chair

L’ouverture éclair

Doigts cuisses jambes pieds

Tout glisse et redouble


Au début de la scène

Avant même la bouche

Avant même l’haleine

Avant les cheveux enroués

Avant la marque du soleil autour des seins

Je la vis qui s’essayait

Qui répétait la scène

Erwin Blumenfled


© 2023 by Name of Site. Proudly created with Wix.com

  • Facebook Social Icon
  • Twitter Social Icon
  • Google+ Social Icon