Au bas de la page

Je suis assis en bas de page

Là tout contre la marge

À renifler dans un mouchoir

Entre petits et grands carreaux

Je m’ennuie d’être et je suis,

Je suis en colère, tu le sais

Et rien n’y fait, tout s’en va,

La colère avant la peine.

Du coin de l’œil,

Dans les gradins,

Je le vois encore

La tête entre les mains

À quoi pense-t-il ?

Je me le demande encore

Il reste ainsi longuement

Pendant que je fais mes tours de piste

Une pensée me souffle

Une couleur qui n’existerait pas

Un arbre de cire

Suspendu dans la brume

Grandi trop vite

Monté trop haut

La lumière fait feu de tout bois

Et la neige même cède aux abois d’étincelles.

Papa,

Il faut creuser

Faire un trou plus profond

Dévaler le labyrinthe

Sans perdre de temps

Sans plus rien attendre de la nuit

Et des jours d’avant

Et des jours d’après

Juché sur un pupitre

Monté sur une estrade

Tout en haut de la montagne

Que tu vois tous les jours de la fenêtre

- L’Hymette avec une chapelle à mi-pente

Ou bien n’est-ce qu’une ruche -

De tout là-haut

Porter l’estocade,

Lancer en l’air

Tous les mots

Qui te passent par la tête

Les jurons comme les paroles douces, rassurantes

La colère enfin libre d’aller où bon lui semble.

En rentrant plus tard

Dans l’appartement

Où ma mère s’encombre de souvenirs

Je trouve mon bonheur

Parmi les fleurs séchées

La laine évaporée

La pâte de vanille au fond d’un verre d’eau

Comme lorsque j’étais enfant

Et ce télégramme laissée sur le marbre :

« C’est un garçon. Tout va bien. »

Alecio de Andrade

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