Adieux


Patrick Bailly-Maître-Grand, Série « Les Gouttes de Niépce », 2006

Les gares pluvieuses

Ont l’évidence chevillée aux voies

Quel est ce bonheur cette gestuelle

Comme si tout était plongé

Dans de petits moments pétris de pauvres mirages

Comme si l’amour se confondait avec les prières

Nourri de mystères crachés comme un alcool trop pur.


Dès l’aube dans les cerneaux du vitrail

L’ongle noir de la douleur - ciment toujours frais -

Tranche comme un couperet

Il n’est rien que les rires des enfants

Et de derrière la vitre ce cinéma muet

Des larmes rentrées sous les lèvres

De la cire qui dégouline des bouches éteintes


L’humeur volatile qu’on voudrait convertir en beauté subite

Cette espèce de vulgarité de fatuité

Que laisse derrière soi

Un chagrin trop dense trop criant de mal aimé


La pluie tambourine aux verrières

Il faut lui ouvrir

Il faut la laisser entrer

Elle doit avoir quelque chose à nous dire


Le ciel se voile

On se touche les mains

Maintenant on peut s’en aller

L’un qui reste l’autre qui va

Sans se retourner

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